Pourquoi (et où) faire les études de guide?





Posons-nous une question : pourquoi aurait-on besoin de faire les études pour être guide ?


Pour les mêmes raisons, sans doute, que pour être médecin, professeur, boulanger…

Vous répliquerez probablement qu’actuellement Internet regorge de contenus qui permettent d’établir un diagnostic, de faire son pain, d’apprendre une règle de grammaire. Sans parler de l’histoire de Paris et de ses monuments – les pages thématiques sur le sujet se comptent par milliers.


Alors, pour quoi faire ?

Demandons-nous autre chose :


Ces connaissances glanées sur les réseaux, seront-elles précises et approfondies ? Ces informations, seront-elles tout simplement véridiques et vérifiées ? Seront-elles suffisantes pour construire le scénario d’une visite guidée de plusieurs heures, de transformer cette visite en spectacle, où le patrimoine joue le rôle principal ? Seront-elles racontées de façon logique et cohérente, de façon à maintenir le spectateur (touriste) en haleine, tel un beau roman ? Auriez-vous la capacité, le talent de passionner, de faire rêver, de faire rire, de faire pleurer, de faire aimer ou haïr ?


Après tout, ce n’est qu’un diplôme…

Tout cela est probablement possible dans quelques cas, et nous savons que les gens doués par nature existent …


Mais nous nous permettrons d’affirmer que c’est plutôt très rare et la différence entre ceux qui ont appris et les autres se voit très rapidement !


Le cursus permettant de devenir guide-conférencier professionnel, ce n’est pas seulement l’histoire et l’histoire de l’art dans toute leur profondeur et complexité. Ce sont aussi des compétences en communication, psychologie, le tri et l’analyse de l’information, la voix et la respiration, le savoir-être d’un guide (comment s’habiller ? se comporter ? avec quel public ?) et le savoir-faire (comment adapter son vocabulaire aux élèves de la maternelle et au groupe d’historiens de l’art en visitant le même monument ?). Ce sont aussi mille et une nuances et particularités de l’organisation des visites, des réservations, des modalités de la prise de parole… L’art ancien et moderne, des églises et des sites mémoriels, des forteresses médiévales et le street-art, des quartiers hors sentiers battus et des musées…


Justement, en parlant des musées. Une fois le cursus universitaire terminé et la licence professionnelle de guide-conférencier validée, le guide professionnel pourra effectuer les visites à l’intérieur des musées publics, des expositions, des monuments historiques et nationaux tels que les églises, les châteaux, les sites mémoriaux classés. Sans la carte de guide-conférencier cette activité ne serait pas légale ! Pensez-y pour ne pas vous retrouver dans une situation désagréable qui laisserait de mauvais souvenirs à vos touristes.

Pour votre information, l’enseignement universitaire en vue d’obtention de la carte professionnelle de guide est délivré par une de ces universités : Angers, Lyon 2, Toulouse Jean Jaurès, Clermont-Ferrand, Paris-Est, Perpignan, Corse, Paris-Ouest, Littoral, Rennes 2.

En Ile-de-France, les guides-conférenciers sont formés par l’Université Marne La Vallée, l’Ecole du Louvre, l’université de Nanterre.


Il reste un autre élément auquel beaucoup de guides sont attachés et que nous tenons à évoquer. Avoir sa carte professionnelle de guide-conférencier, c’est comme faire partie d’une communauté dont l’accès se mérite. Partager entre collègues toutes les nouveautés et dernières informations dans le domaine de l’art et de l’histoire, les trouvailles et les bonnes adresses, se faire passer des livres et, de temps en temps, des clients, informer des urgences (grèves, sites fermées, embouteillages) et s’entraider en cas de difficulté – le respect des collègues, de leur travail, le sens du partage sont des arguments forts pour nous ! Ce sont des raisons d’aimer ce métier !


Et vous savez quoi ? C’est passionnant !